Saviez-vous que Piet Mondrian est l’anagramme de « I paint modern » ? Nous non plus. Mais, c’est l’une des nombreuses surprises que vous aurez en lisant Mystère au musée, le premier tome des enquêtes de l’inspecteur Stanley.
Lauréat du Prix Livrentête 2026 dans la sélection « à partir de 7 ans », l’album imaginé par les Néo-Zélandaises Hannah Tunnicliffe et Erika Harrison mêle habilement polar, bande dessinée, cherche-et-trouve et humour, dans un univers graphique très coloré qui a séduit les enfants.
Ne pouvant être présentes lors de la cérémonie de remise du Prix, elles ont été représentées par Emmanuel Gros, le traducteur de l’album et Marine Tasso, responsable éditoriale jeunesse chez Casterman. Cet échange a permis d’en apprendre davantage sur la naissance de l’album et de mettre en lumière le travail essentiel et souvent méconnu des traducteurs.
De gauche à droite : Pierre Darracq, membre du Comité du Prix Livrentête, Emmanuel Gros, traducteur et Marine Tasso, Responsable éditoriale jeunesse chez Casterman lors de la remise du Prix Livrentête.
La traduction, un travail discret mais essentiel
De l’album au roman ados, du documentaire à la bande dessinée, Emmanuel Gros ne traduit que de la littérature jeunesse anglophone. Et traduire pour la jeunesse n’est pas plus facile que pour les adultes.
« Quand on traduit pour la jeunesse, on adopte forcément un point de vue particulier. On essaie de se mettre dans la peau du lecteur, et le lecteur est un enfant » explique Emmanuel Gros. « Dans cet album, il y a beaucoup d’humour et c’est justement ce qui fait la richesse de cette série. Il y a plein de petits détails très rigolos un peu partout. Mon travail est de faire en sorte que ça soit rigolo aussi en français. Alors il faut parfois s’attarder sur ce qui peut paraître un détail à la lecture, mais qui en fait est important, parce que c’est ça qui fait l’intérêt du livre. »
Dans les illustrations, les affiches, objets et inscriptions dissimulent en effet une multitude de jeux de mots et de clins d’œil destinés autant aux enfants qu’aux adultes. « Traduire un livre comme ça, ça prend entre une et trois semaines, en comptant le travail préliminaire, les retours, les discussions avec l’éditeur… » complète le traducteur. Et a-t-il pu rencontrer l’autrice et l’illustratrice ? « Non, malheureusement, je ne les ai pas rencontrées. J’aurais bien aimé, mais non. Je peux prendre contact avec elles, si j’ai des questions, évidemment, mais ça n’a pas été le cas pour le moment. »
Les enquêtes de l’inspecteur Stanley : un coup de coeur découvert à Bologne
Du côté de Casterman, c’est lors du Salon international du livre jeunesse de Bologne en Italie que l’album a été repéré. Les éditeurs du monde entier s’y retrouvent chaque année pour présenter leurs nouveautés, vendre les droits de traduction de leurs ouvrages et acquérir ceux des autres.
Marine Tasso, responsable éditoriale jeunesse chez Casterman, se souvient d’avoir eu un véritable coup de cœur pour Les enquêtes de l’inspecteur Stanley : « Je suis repartie avec ce livre dans la tête, en me disant « je le veux« . Et c’était vraiment une très grande joie d’obtenir les droits de cet univers pour publier la série chez Casterman. »
Car oui, bonne nouvelle pour les jeunes lecteurs : les aventures de l’inspecteur Stanley ne sont pas finies : le deuxième tome, Le voleur à la main verte, est déjà paru, tandis qu’un troisième opus est en préparation du côté de l’éditeur anglais. « On attend les fichiers définitifs pour commencer la traduction » a révélé Emmanuel Gros.
À suivre…

